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08 mai 2011

QUEL DOSSIER.....!!!!!

Je comprend pourquoi Villeroy ressemble à des blockhaus......
Merci à ce journaliste de nous avoir ressorti cette belle histoire...! Il faudra surveiller ça de près, d'ici que nos élus, avant leur départ, nous mettent ce projet sur la sellette....pour donner du travail à Sète.....je pense que je prendrai ma nationalité "CORSE"


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Sète Sète a bien failli avoir sa centrale nucléaire
PATRICE CASTAN
08/05/2011, 06 h 00
1 réaction
Voilà à quoi ressemblerait Sète si la centrale avait été implantée à l’est de la zone portuaire. (PHOTOMONTAGE V. DAMOURETTE)
Nous sommes en 1974 et tout va pour le mieux sur le bassin de Thau : “la Mobil” emploie son monde, comme les nombreuses usines qui entourent la lagune. Sète est une ville ouvrière. Son port, encore soutenu par le commerce des vins et le pétrole, affiche un trafic annuel de plus de 8 millions de tonnes. Les eaux de l’étang sont, parfois, bien troubles, mais elles sont riches. En anguilles notamment, en moules, en palourdes, en huîtres plates et d’élevage. Et si, à cette époque, les eaux usées de Sète aboutissent encore dans les canaux (la station d’épuration créée en 1971 ne traitait pas l’intégralité des effluents), on n’impute pas toute “gastro” à la consommation de coquillages.

Le portrait est presque idyllique, d’autant que l’Île singulière n’a pas été retenue par la mission Racine d’aménagement littoral, qui a jeté son dévolu sur le Cap d’Agde, La Grande-Motte, etc. Pendant ce temps, la France se remet du 1er choc pétrolier, et dans un État encore fortement centralisateur, on est friands de grands projets. Tel celui qui, début 1974, s’abat sur le bassin de Thau...

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Carottages aux Aresquiers "C’est arrivé à mes oreilles presque par hasard. Je soignais le préfet Laborde quand il venait à Sète. Il était en poste dans le nord et savait que je m’intéressais à la protection des étangs. Un jour, il me dit : savez-vous qu’EDF doit implanter une usine électro-nucléaire à Sète ?" Francis Crouzet, dentiste, a 43 ans. Pas écolo à proprement parler ("ce terme est arrivé plus tard"), il est gaulliste et préside l’Association pour la protection des étangs languedociens (Appel). Celle-ci, composée de personnalités de tous bords ("et surtout de gauche, d’ailleurs"), fait sa petite enquête et se rend compte que deux pêcheurs ont été sollicités par EDF pour faire des carottages aux Aresquiers.

Rémi Sabatier, dit “le Boulard”, Jean Duclerc (chercheur à Ifremer), Francis Crouzet et quelques membres de l’association, dont André Lubrano, se ruent dans le bureau de Philippe Chappotin, maire de Frontignan, puis dans celui des maires de Mèze, de Marseillan... Adaptant chaque fois leur discours : "Le nucléaire, on n’y comprenait rien, pas plus qu’eux. Alors à Mèze, on disait “avec cette centrale, vous ne vendrez plus une huître”, à Frontignan “le muscat, plus personne n’en voudra...” Et ainsi de suite."

Nous sommes au printemps 1974. Et deux ténors de la politique parisienne débarquent pour, contre toute attente, soutenir les “anti” : le Communiste Pierre Juquin et le Radical Roger-Gérard Schwartzenberg.

Leur visite fait son effet. Et le maire de Frontignan, déjà pas très chaud pour sacrifier les Aresquiers, refuse le projet après avoir obtenu que des anti nucléaire aillent aussi développer leurs arguments en préfecture.

C’est alors que l’État se tourne vers Sète où la quasi-totalité des élus, favorables au projet, ont moyennement apprécié l’intervention de Juquin. Et pour cause : un plan de masse pour une implantation à l’est du port de commerce est déjà établi. Le maire communiste de l’époque, Gilbert Martelli, organise des réunions de quartier, des assises, édite un document vantant les mérites de “l’usine atomique”. Il convie même le réticent Crouzet à visiter la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, en bordure de la Loire, "un petit bijou", où les élus dégustent des poissons "même pas irradiés". Mais les “anti”, quelques dizaines d’opposants tout au plus, ne désarment pas. Un des leurs, le Dr Gilbert Fourcaud, réalise une affiche dont 500 exemplaires sont collés en ville. On y lit : Sauvez la mer et vos enfants. Et peu à peu, les convictions partagées en "ce projet formidable" s’étiolent. Y compris parmi les élus sétois.

À l’automne, la Ville et l’Appel co-signent un document stipulant que "dans l’hypothèse où le projet consisterait à implanter une centrale du type actuel, avec les inconvénients inacceptables que l’on connaît, il conviendrait de s’opposer par tous les moyens à cette réalisation dangereuse." Le 11 décembre 1974, enfin, un dernier courrier de l’association part au cabinet du ministre de l’Industrie, Michel d’Ornano (lire ci-dessous). Mais l’État ne s’acharnera pas. Et ni à Sète, ni à Frontignan, on ne reparlera de l’usine atomique. Ni de la ferveur des ces élus qui croyaient, dur comme fer, que ce projet-là ferait les beaux jours du bassin de Thau.

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